Le temps passe…

Je néglige un peu ce blog ces derniers temps, je m’en excuse pour ceux qui n’ont des nouvelles de moi qu’à partir de ce dernier.

Les choses changent, évoluent, la vie ne sera plus jamais la même. Il y a eu un avant, et il y aura un après Beyrouth. La ville a de nombreuses choses à offrir dont je n’ai pas encore tout à fait saisi le sens, ni la portée. Je dois m’y efforcer, rester vigilant. Autour de moi tout se joue, l’avenir est ici et ailleurs.

Cet ailleurs c’est Damas, ville que j’ai rencontré, comme on pourrait rencontrer une personne. Chaleureuse, populaire et torturée, elle m’a séduite et transporté. Beyrouth et Damas se confrontent. Elles m’offrent un nouveau regard sur le monde.

Puissent ces quelques photos vous faire patienter le temps que mon esprit soit en capacité de vous raconter cela plus sereinement.

 

 

Ainsi va ma vie au Moyen Orient.

Envoyez moi de vos nouvelles !

Et si on roulait ensemble pour une fois ?

   Anarchique, assourdissant, dangereux, inconscient, vous ne manquerez jamais de vocabulaire pour qualifier le trafic routier de la ville de Beyrouth. D’autant que ce dernier vous attrape à la gorge dès votre premier pas sur le sol Libanais.

   Dans la majorité des capitales des pays européens, asiatiques, américains ou arabes, il existe de nombreuses liaisons entre l’aéroport et le centre ville, que ce soit par train, par tramway ou au mois par bus. Cette connexion qui nous apparait comme quasi naturelle est bien loin d’être réalité au Liban. Il aurait selon une légende urbaine une ligne de Bus qui passe entre 8h et 18h, à côté du rond point nord de l’aéroport, mais ce dernier se situe à un kilomètre à pied du terminal, et faut il encore que vous arriviez dans ses heures de passages ! Cette absence vous entraine donc logiquement dans votre premier contact avec les acteurs du trafic Beyrouthin, la demande d’un taxi entre l’aéroport et le centre ville.

   A cela rien de plus facile, les taxis seront pléthore à vous attendre à la sortie du terminal, voyant en vous le messie, qui arrondira les fins de mois. Les taxis ne sont pas dupes, devant l’absence de transport en commun depuis ce point de la ville, vous êtes dans l’obligation de leur confier votre personne. Ainsi, selon l’heure à laquelle vous foulerez le sol du Pays du Cèdre, il vous en coûtera entre 20 et 50 dollars pour parcourir les quelques 15km qui séparent l’aéroport international Rafiq Hariri de Down Town. (Parler Arabe, ou demander votre taxi à l’avance par téléphone peuvent s’avérer des solutions pour faire baisser le prix, mais ne vous leurrez pas, aussi bon que vous soyez, ne compter pas dépenser moins de 15 dollars).

L'entraide automobile libanaise. (Au premier plan, Cesc, mon colocataire)

   Une fois installé confortablement dans votre taxi, vous pouvez alors observer la magnificence grise des constructions Solidere. La route cinq voies (parfois quatre, parfois trois) qui vous amène directement au centre, fut construite par Rafiq Hariri. Ce dernier dans sa politique de bienfaisance urbaine préféra investir dans le bitume, plutôt que dans les transports en commun. Certes les routes en avaient besoin après 15 ans de conflits mais elles n’en demandaient, cependant, certainement pas autant.

   Selon l’heure à laquelle vous arriverez, vous aurez ou non l’occasion de comprendre comment se lit le trafic urbain de Beyrouth. Quelques petites clefs sont essentielles pour le comprendre :

          – Le mode de transport Libanais par excellence est l’automobile. C’est pourquoi la ville de Beyrouth est tant polluée. Chaque libanais a sa voiture, ou du moins y en a t-il une par famille nucléaire.

          -La première clef découle de la deuxième. Il n’existe à Beyrouth aucuns modes de transport en commun public. Voitures personnelles, tout objet deux roues motorisés imaginables, taxis ou services, selon vos négociations, et bus privés sont les seuls moyens  de se déplacer dans Beyrouth. Ni compagnie municipale de Bus (ceci n’est pas tout à fait vrai,mais à Beyrouth, difficile de distinguer le vrai du faux…), ni tramway, ni train, ni métro ne sont disponibles dans la ville. Il y a de cela trois ans, le gouvernement a eu la possibilité de lancer un projet de tramway dans Beyrouth, mais devant l’impossibilité de trouver un arrangement politique (ce qui veut dire ici économique, puisque l’échiquier politique n’est qu’un vaste croisement d’intérêts personnels économiques et publics), l’État à choisi la solution la moins pire. Subventionner les taxis pour les forces à garder un tarif service de base à hauteur de 2000 livres libanaises, soit 1 euro. Dans la plupart des cas, ce tarif sera appliqué dans des trajets cours, mais il vous faudra payer « serviceayn », soit un prix double pour faire une distance de plus de 10km. L’état des services de transports en communs de la ville de Beyrouth se résume donc dans cette devise : « Paye moi ou marche ».

          – Par la troisième clef s’explique une part de l’anarchie du système Libanais. L’expression « T’as eu ton permis dans une pochette surprise ? » prend tout son sens à Beyrouth. Le code de la route fait quatre pages, contenant l’explication des différents panneaux de signalisation. L’examen lui, s’effectue sur un parking, où l’on demande de faire dans l’ordre « marche arrière, marche avant, deuxième vitesse et créneau ». Après cette épreuve insurmontable, vous êtes en possession du fameux sésame de circulation. Vu la difficulté de l’examen et la transparence du système libanais, il n’est pas rare qu’un matin, votre père glisse dans votre main, sans aucuns efforts de votre part, ce petit bout de papier, qui vous permet d’aller écraser vos concitoyens librement. En connaissance de cette clef, vous comprenez à quel point chaque jours, vous mettez votre vie en danger.

   Imprudent, le trafic l’est. Les règles sont inexistantes puisque inconnus même des gendarmes de la route. Nuisible, la nuage de pollution permanent qui règne au dessus de la ville vous fait assez rapidement comprendre la situation grave dans laquelle se trouve Beyrouth, noir est le ciel, noirs sont les poumons. Assourdissant, les klaxons  incessants, les freinages accidentés et les accélérations soudaines et violentes sont le lots quotidiens de la vie des libanais.

   Vous vous ferez vite à cette incessante danse routière, à cette brutale chanson des moteurs, mais Beyrouth peut-il continuer à grandir exponentiellement sans se doter d’infrastructures de transport en commun ? Clairement la réponse est non.

   Faire réagir l’opinion et agir le politique commence par de petits actes. Le Go Green organisé par Beyrouth By Bike le 24 septembre dernier était de ceux là. La corniche, haut lieu de la circulation de Beyrouth fut bloquée une heure durant pour laisser la place à une manifestation de vélos portés par des Beyrouthins qui souhaitaient eux aussi clamer leur volonté d’un changement dans une ville où se déplacer à bicyclette relève du sport de haut niveau si ce n’est de l’inconscience. Dans une démarche croisant écologie, question sociale et bien sur acte publicitaire, les libanais ont montré qu’ils n’accepteront pas éternellement l’inertie des politiques urbaines aux conséquences sociales dans leur ville.

Il en faudra bien plus pour faire changer les mentalités, pour faire stopper l’agressive urbanisation de la ville qui ne prend pas en compte les besoins de sa population. Ce n’est qu’un petit pas pour l’homme, mais peut être un grand pas pour la communauté.

Beyrouth et le complexe de Lerne : Partie 1 : Au centre la renaissance ?

« C’est Beyrouth » !

Les générations passent, les référentiels changent. Cette expression a, pour les jeunes non libanais nés au cours de la décennie 90, perdu une grande partie du sens qu’elle avait pu acquérir auprès des générations précédentes. Ces générations qui suivaient chaque jours, à l’aide de leurs tubes cathodiques, les évolutions d’un conflit géographiquement éloigné et pourtant si proche historiquement et politiquement. Nos référentiels sont fait des guerres qui construisent notre histoire. La vision de notre passé et de notre présent est, assurément de manière regrettable, liée à l’idée belligérante que nous nous faisons de ce qui fait histoire. Dans cette suite logique des choses, « C’est Beyrouth » a laissé place à « C’est Bagdad » qui laissera bien assez tôt place à « C’est Damas »

Beyrouth n’est plus en guerre, du moins aux yeux du monde.

Classée meilleure destination touristique par le New York Times en 2009, la ville se serait relevée de quinze années d’une terrible guerre fratricide suivie par une mise sous tutelle syrienne jusqu’au milieu des années de 2000. Beyrouth, encore sous les bombes israéliennes en 2006, faisant face à des émeutes communautaires violentes en 2008 serait devenu l’exemple d’une reconstruction réussite qui en ferait le nouveau phare jet-set du Monde Arabe, attirant par milliers les fêtards mondialisés à la recherche des Dj’s les plus en vue du moment…

Effectivement, ce renouveau impressionnant constitue une part en constante évolution de la ville de Beyrouth. C’est celui du projet de reconstruction du centre ville complétement détruit par la guerre civile et les bombardements israéliens qui porte le nom de Solidere.

En quelques années, ce centre hautement historique et religieux a vu fleurir des boutiques de luxe en tous genres, des bâtiments aux architectures modernes sur lesquels ont été placés des bars ouverts au ciel hors de prix, des bureaux qui accueillent les plus grandes Firmes Multinationales etc.

Grandeur et démesure sont les deux meilleurs adjectifs qualificatifs de ce lieu. Ses icônes elles, n’y dérogent pas.

Il y a d’une part la reconstruction des Souks de Beyrouth, centre commercial qui n’a de souk que le nom et où la température ne dépasse que rarement les 23 degrés, fleuron du marketing à l’Européenne et produit énergivore assumé.

A l’opposé la Mosquée Muhammad Al Amin, plus grand bâtiment religieux du Liban, inauguré en 2008, qui peut par sa hauteur et la puissance de son ornement d’ocre faire pâlir toutes les mosquées du Monde Arabe. Or, il ne faut pas, selon l’adage local, prendre le libanais « pour une pistache vide ». De part sa démesure, la mosquée du centre ville reste un objet folklorique résolument tournée vers le tourisme. L’islam se voulant modeste, la mosquée est boudée par les fidèles. Dans l’usage courant, cette maison de dieu est appelé la mosquée Hariri. A cela deux raisons. Premièrement le projet Solidere fut mené par le premier ministre Rafic Hariri dans l’idée de montrer l’épanouissement économique de la ville de Beyrouth, la mosquée était pensée en quelque sorte comme l’emblème de cette renaissance libanaise, véritable prosélytisme politique et cache misère économique. Deuxièmement, c’est au pied de cette mosquée, que vous pourrez trouver la mausolée du défunt Rafiq Hariri, assassiné en février 2005 et qui repose depuis avec ses accompagnateurs dans une tente militaire que l’on peut visiter jusqu’à une heure tardive.

C’est à l’origine, de ce centre que se propage l’image véhiculée par certains magasines, celle d’un nouveau Beyrouth hype, branché et fêtard. Un Beyrouth qui à y voir de plus près n’est pas si libanais. Financé par l’argent saoudien, ce centre nouveau est essentiellement fréquenté par les touristes du golfe et d’autres pays arabes. Bien sur, on peut y rencontrer des libanais des hautes sphères économiques et sociales, mais l’essentiel de la population vient de Bahreïn, Dubaï, Abu Dhabi…Demandez à un libanais si il fréquente le centre, il vous répondra que non. Il dira au mieux que ce n’est pas pour lui, qu’il n’en a pas les moyens, il pensera surement au fond, qu’il ne s’y sent pas chez lui, qu’il ne veut pas voir les saoudiens. Il pense cependant ,que pour l’image du pays, ce n’est pas si mal. Et puis Beyrouth, ce n’est pas que Down Town.

Voilà donc la première tête de l’hydre Beyrouthine, une tête dans les étoiles, qui ne veut de mal à personne, mais qui vit dans le déni. Comme si après tout, pour se remettre d’un demi siècle de conflit, il suffisait de construire une tour Rolex et de ne plus y penser.

Tripoli, Arabe j’étais, Arabe je suis restée.

Suis je en terre Arabe ? Il est probable qu’une grande majorité des hommes et femmes qui aient foulé le sol de Beyrouth se soit posés cette question à un moment ou un autre de leurs pérégrinations dans la cité théâtre. Beyrouth vous laisse toujours, au premier abord, ce goût d’une délicieuse et tortueuse incompréhension.

Où suis je vraiment ?

Il heureux alors qu’au Nord de cette dernière, certains bastions possèdent encore la constance de leur histoire, comme cela est le cas à Tripoli.

Tripoli est située à 84 Km au Nord de Beyrouth, la rejoindre est comme suivre un long chemin sans détours, sans virages, sans reliefs. A la fin de la route côtière qui joint Beyrouth et Tripoli, votre engin dévie vers un temps plus calme, plus éloigné, très loin de l’antre Beyrouthine, c’est du moins ce que l’on peut croire au premier abord. N’ayez pas de scrupule à vous rendre à Tripoli, y aller et en revenir depuis Beyrouth vous coûtera l’équivalent d’un pain de campagne dans nos belles boulangeries traditionnelles, soit autant que pour traverser Beyrouth d’Est en Ouest. A ces prix, naïf est celui qui passe son temps dans la capitale. Le Voyage en Bus (ou plutôt minibus) fait aussi partie de la vie des Libanais. Face à la faible infrastructure des transports qui caractérise leur pays, l’asphalte est un élément à part entière de leur rythme de vie. Le bus n’as pas d’arrêt très précis. Il part de Charles Hélou – gare de Bus de Beyrouth qu’il faut rejoindre pour les directions du Nord ou pour rejoindre directement la Syrie en Taxi – et s’arrête à Tabrouse, Tripoli en Arabe. Entre les deux, il vous suffit de quémander place au bord de l’Autoroute, n’importe quel endroit fera l’affaire. La gestion autoroutière est donc de ce fait anarchique, mais cette anarchie semble avoir une certaine cohérence intégrée dans la vie des Libanais.

Quand on met du désordre dans un ordre parfait, c’est tout de suite le bordel. Par contre, si on met un peu d’ordre au milieu du bordel, c’est toujours le bordel. Ça veut dire que le bordel est plus fort.   Le Chat : Philippe Geluck

L’arrivée à Tripoli est des plus chaotiques, l’arrêt de bus se situe en plein milieu d’un quartier très fréquenté par tous engins routiers, vendeurs ambulants, et commerçants hargneux. Un fois posé le pied par terre, n’hésitez pas à quitter cette artère bruyante en direction de la citadelle et de la vieille ville pour être enfin récompensé des deux heures qu’il vous a fallu pour rejoindre la deuxième plus grande entité urbaine du Liban.

En marchant en direction de la citadelle, vous allez forcément croiser les souks de Tripoli, gigantesques, et surtout beaucoup plus fonctionnels que touristiques. Vous pouvez donc ici ressentir la véritable utilité de ces marchés arabes, lieux intemporels de vie, de rencontres, de discussions politiques enflammées autour d’un narguilé et de négociations tarifaires permanentes. N’hésitez pas à vous perdre dans ses nombreuses allées, à vous assoir autour d’un jus dans l’ancien caravansérail orné de colonnes égyptiennes ou encore à respirer l’air libre du caravanserail central, ouvert au ciel et aujourd’hui lieu unique de vente de savons aux senteurs multiples et aux couleurs infinies.

Portrait de l'ancien premier ministre Saad Hariri.

Si vous vous baladez proche de l’ancienne mosquée, vous pourrez admirer ce que fief politique au liban veut dire. La rue longeant la mosquée contient en effet une trentaine de portraits géants du premier ministre sunnite Najib Mikati qui est originaire de la région.

En vous approchant de la citadelle, ancien bastion croisé, aujourd’hui reconstruit avec l’aide des communautés internationales, tendez l’oreille et vous pourrez vous apercevoir que pendant quelques instants, un véritable silence règne sur Tripoli. Ce silence n’est pas si fréquent au Liban, il se peut même, si c’est la première fois que vous sortez de Beyrouth, comme ce fut mon cas, qu’il soit comme une redécouverte auditive d’une sensation qui vous paraissait bien ancienne.

Du haut du fort, s’offre à vous une vue sur la ville et son acolyte maritime au loin. Le lieu est protégé par des militaires, qui vous seront aussi amicales qu’ils ne le sont avec le couteau qu’ils lancent sur le seul arbre du fort. Vous pourrez cependant vous balader à loisir dans ce point culminant de la ville et admirer une vue imprenable sur la cité.

Tripoli n’est pas que sa vielle ville, elle possède un bord de mer important, des immeubles récents où fleurissent certaines entreprises occidentales, une île et des tas de secrets qui me sont encore inconnu. Mais l’impression que la ville m’a laissée à la première approche fut surtout celle de la conservation d’une authenticité historique arabe sunnite. La capitale du Nord Liban en est d’ailleurs majoritairement composée.

Tripoli est en ce sens, face à la capitale, une véritable résistante. Mais pour comprendre cela, il faut se pencher de près sur ce qu’est véritablement Beyrouth. Je vais tenter de le faire, m’éloignant des simples récits touristiques à usage universel dont j’ai pu user dans mes derniers articles.

Après la Nonne et la Résistante qui sont loin de m’être familière, voici celle qui forge mon quotidien, l’Hydre Beyrouthine.

Ô Pieuse Byblos ?

Byblos ville des Croisés, Byblos ville de religion, Byblos ville d’histoire…

Située à 40 Km au Nord de Beyrouth, Jbeil, est une ville à laquelle l’adjectif méditerranéenne va à ravir. Ce qui marque lorsque vous arrivez en son sein, c’est la quiétude des lieux, loin du brouhaha permanent des grandes agglomérations libanaises. Ici, le trafic est quasi inexistant. S’il existe, il prend le temps de la longueur, de la réflexion, et ne souhaite en aucuns cas déranger l’âme qui habite ces lieux. La ville nouvelle, celle des habitations est située sur les hauteurs, laissant à la vieille cité tous lieux de se reposer face à l’écume des mers.

Se balader dans Jbeil est une lente promenade dans un lieu hors du temps. Le silence qui y règne semble exister pour satisfaire les nombreuses icônes religieuses. Églises de différentes obédiences chrétiennes, communautés pieuses et mosquée du centre ville donnent à Byblos un caractère de monastère ouvert au monde.

La vielle ville en elle même ne rappelle rien de ce que vous avez pu voir au Liban. En elle vous pouvez reconnaitre toutes les caractéristiques de nombreuses cités grecques, voire latines. La présence de la mer fait par ailleurs régner une atmosphère semblable aux douces îles des Cyclades.

Dans les souks, petits, fondamentalement touristiques, réaménagés, foisonnent autant d’artères commerçantes au faible intérêt que de vieux vendeurs libanais qui en ce début de septembre semblent chercher un second souffle, une nouvelle inspiration.

La vielle ville est marquée par la présence d’un musée antique à ciel ouvert. Autour de l’ancienne citadelle croisée s’étendent plusieurs hectares de fouilles archéologiques qui rappellent toutes que de nombreuses civilisations différentes ont posé le pied à Byblos, et qu’elles y ont chacune apporté leurs manières d’êtres et leurs manières de penser ce que modernité voulait dire.

Mais Byblos est elle aujourd’hui encore lieu de cet histoire et de cette croyance en la présence supérieur, ou n’est elle plus que le témoin d’une foi et d’un temps révolus ?

Il semblerait à bien en comprendre l’essence que ce soit la deuxième solution la plus probable. Byblos est aujourd’hui bien plus une vitrine qu’un lieu de culte. Haute place touristique, elle a su garder son charme et son authenticité, mais la ville est bien plus prisée par les touristes que par les locaux. C’est que Byblos n’offre pas seulement le recueillement et la culture. Elle offre aussi l’attraction d’une plage d’une netteté immaculé, ce qui au Liban, est une richesse rare. Sa plage publique et les infrastructures privées qui l’entourent sont donc des vecteurs touristiques aujourd’hui surement bien plus puissants que les simples reliques d’un temps ancien.


Toujours est il que Byblos tire sa force de ce double jeu et la présence littorale n’est pas pour rien dans sa réussite de préservation d’une authenticité historique.

Ô pieuse Byblos, tu es définitivement hors du temps, toi la Nonne qui parfois sait s’oublier.